L’ETAT DE STRESS POST-TRAUMATIQUE - Psychologue Chakkouche - Centre de Psychotrauma à Casablanca
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L’ETAT DE STRESS POST-TRAUMATIQUE

L’état de stress post-traumatique (ESPT) est un concept récent, qui a été défini à la fin des années 1970, au retour des vétérans américains du Vietnam, permettant une reconnaissance de leurs troubles, leur médicalisation, et leur prise en charge par les systèmes d’assurances. Au début du siècle, on parlait de « psychose traumatique » ou « fatigue de combat ». En 1980, ce concept est pour la premières fois élaboré, et met l’accent sur le rôle étiopathogénique de l’exposition à un événement traumatisant.

L’Association Américaine de Psychiatrie définit le PTSD (Post-Traumatism Stress Desorder) comme « un état morbide survenu au détour d’un événement exceptionnellement violent, capable de provoquer de la détresse pour quiconque. Par exemple, être menacé pour sa vie ou pour celle de ses proches, être agressé, être victime d’un accident ou d’une catastrophe ».

Les troubles qui caractérisent le stress post-traumatique surviennent toujours après une phase de latence pathognomonique, de durée variable, parfois très longue (plusieurs mois).

C’est un état qui résulte du fait que le sujet a été témoin ou confronté à un événement ou à des événements durant lesquels des individus ont pu mourir ou être gravement blessés, ou bien ont été menacés de mort ou de grave blessure, durant lesquels leur intégrité physique ou celle d’autrui a pu être menacée. La réaction du sujet à l’événement s’est traduite par une sidération anxieuse intense, un sentiment d’impuissance médusée et/ou d’horreur (DSM IV, APA, 1974).

Le sujet présente, en général dans les six mois suivant l’exposition à l’événement traumatique, et pour une durée supérieure à un mois, un ensemble de symptômes causant « une souffrance significative ».

La pathologie se construit cliniquement par trois principaux aspects symptomatiques :

  • Le syndrome de répétition: images et rêves répétitifs de l’événement traumatique, flash-back, réminiscences intrusives. La reviviscence des scènes de violence et d’humiliation s’impose à la personne traumatisée qui ne peut pas ne pas y penser. L’événement est constamment revécu : le jour, le sujet a des flash-back ou encore n’arrive pas à parler d’autre chose que de l’événement lui-même. La nuit, elle revit les scènes traumatiques à travers des cauchemars intrusifs. Elle revit le traumatisme par des pensées, des images, des sensations physiques, intrusives, répétitives et envahissantes. Les cauchemars relatifs à l’agression et les réveils nocturnes brutaux font partie de ce syndrome.

Le traumatisé a l’impression que l’agression pourrait se renouveler surtout après un stimulus extérieur ou idéique (une scène de violence par exemple).

 

  • Le syndrome d’évitement : évitement des pensées, des activités, des lieux et des personnes évoquant le choc traumatique, émoussement des désirs et émotions, perte d’intérêt dans toutes les activités quotidiennes. Le sujet fait des efforts importants pour ne pas penser, et évite les pensées, images, sensations et des situations rappelant ou symbolisant les circonstances du traumatisme initial. L’évocation des scènes violentes reste douloureuse longtemps et parfois même à jamais. Il arrive que le traumatisé lutte contre le sommeil pour éviter les cauchemars ou situations associées au traumatisme. Ce syndrome d’évitement est souvent associé à une fatigue, une réduction nette des intérêts pour les activités habituelles, un repli sur soi et, au final, des altérations du fonctionnement socio-professionnel ou familial.

 

  • Le syndrome d’hyperactivité neurovégétative: troubles du sommeil, irritabilité, réaction avec sursaut exagérée, relèvent d’une hypervigilence du sujet qui se traduit par un état d’alerte permanent. Il n’y a plus de distinction entre les bruits dangereux et les bruits neutres, ce qui entraîne des réactions de sursauts exagérés. Le sujet a l’impression qu’un nouvel événement grave peut arriver à tout instant. Il existe souvent des troubles de la concentration et du sommeil.

 

Le caractère clinique de l’ESPT est souvent chronique avec une évolution fluctuante sur le plan de l’intensité de l’expression symptomatique.

 

Certains symptômes non spécifiques peuvent accompagner l’ESPT :

  • Des crises d’angoisse ou d’anxiété aiguës récurrentes
  • Des symptômes phobiques, obsessionnels ou hystériques, souvent présentés auparavant,  mais à un moindre degré.
  • Des troubles psychosomatiques (ex: réaction cutanée, ulcère gastrique, vertiges).
  • Des troubles de comportement alimentaires : (anorexie ou boulimie)
  • Des abus de substances addictives (toxicomanie, alcoolisme).
  • Des conduites antisociales (le syndrome de Rambo)
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